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L’INFINI — rêver jusqu’à déborder le réel

Il existe des textes dont on ne traverse jamais deux fois le même paysage. Les routes se dérobent. Les souvenirs changent de place. Les personnages surprennent leur auteur en train de les rêver. Puis le rêvent à leur tour.
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La Thanakan Corporation, qui exerce son emprise sur les consciences et la fabrication du réel, donne à cette exploration sa dimension politique. Face à elle, Division Cellulaire porte une promesse d’émancipation dont les ambiguïtés demeurent entières. Comment devenir libre lorsque jusqu’au désir de liberté pourrait être programmé ? Comment s’évader sans reconduire ailleurs les mécanismes de la prison ?

Entre science-fiction métaphysique, poésie et dialogues hallucinés, le livre fait de ces questions une expérience de lecture. Les voix se confondent, les scènes se répètent avec des variations, les explications ouvrent de nouvelles incertitudes. L’humour de Salvia vient régulièrement interrompre les constructions vertigineuses d’Ed, ramenant l’immensité du cosmos à l’échelle d’une conversation, d’un corps, d’une présence.

La vie m’a comblé d’absence.
J’ai découvert le manque.
Ici, on n’a rien à moins de l’inventer.
Alors j’ai appris à rêver.
Alors j’ai appris à créer.
A faire de mes rêves des réalités.

C’est dans ce manque que le livre trouve son ancrage le plus sensible. Sous la prolifération des univers affleurent la peur de perdre l’autre, le désir de le rejoindre et la possibilité de créer ensemble un monde habitable. Salvia est à la fois compagne, énigme et passage. L’amour traverse la cosmologie et lui donne sa nécessité.

Cette ambition a ses aspérités. L’accumulation des concepts et les reprises peuvent saturer la lecture, parfois éloigner l’émotion. Mais les ruptures, les boucles et certaines anomalies d’écriture participent aussi d’une construction explicitée dans le Précis de lecture profonde qui accompagne le récit : le lecteur est invité à chercher, à recomposer, à douter jusque dans les détails.

L’INFINI laisse ainsi une question ouverte au cœur de ses métamorphoses : que reste-t-il de nous lorsque les certitudes qui nous tenaient lieu de monde s’effondrent ?

Peut-être une présence.
Un désir qui insiste.
Et cette obstination à rêver assez fort pour que quelque chose commence.

L’INFINI

Disponible aux Éditions Dysphoria

Format
152,4 x 228,6 mm, 124 pages N&B
Octobre 2026
19,90€

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